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  <title>Le blog de l'Incurable - timide</title>
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  <language>fr</language>
  <pubDate>Sun, 05 Feb 2012 20:27:32 +0100</pubDate>
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    <title>Le jour où j'étais pas très bien coiffé et où j'avais une tache sur mon manteau</title>
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    <pubDate>Wed, 02 Apr 2008 23:30:00 +0200</pubDate>
    <dc:creator>L'Incurable</dc:creator>
        <category>célibataire</category><category>licencieux</category><category>no-life</category><category>silencieux</category><category>stalker</category><category>timide</category>    
    <description>    &lt;p&gt;Elle classe ses feuilles, sort sa pochette, ouvre sa pochette, y met ses feuilles, puis range ses stylos. Lentement. Jamais vu une fille ranger ses stylos si lentement. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
La moitié de la classe est déjà partie. Je fais comme si je classais mes feuilles, sortait ma pochette, etc., n'importe quoi, pour paraître occupé. Surtout ne pas donner l'impression que je l'attends. Mais personne ne me regarde ; je me sens stupide.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle sort enfin de la classe, je suis juste derrière elle, sur ses traces. Je réfléchis depuis une heure. Dans le couloir ? Non... Dans l'escalier ? Non... Je la suis sans la suivre, je la regarde sans la regarder. On est dehors. Elle ne se retourne à aucun moment. Est-ce qu'elle m'entend derrière elle ? &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle se dirige vers le métro... Ah, non, elle tourne à gauche. C'est ma direction. Je la suis, enfin non, je vais chez moi. Je vais chez moi. Faut pas rêver. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle marche vite, la vache. Je fatigue vite. Et puis j'ai déjà laissé tomber. Ce sera une autre fois. Il reste quelques semaines de cours. Ok, deux semaines. Merde merde merde.&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Elle m'a distancé d'une bonne trentaine de mètre. Oups, j'ai regardé ses fesses. Ne pas regarder ses fesses. La la li la la. Je regarde mes chaussures. Tiens, elles sont sacrément sales, j'avais pas fait attention. Est-ce qu'une fille regarde les chaussures d'un mec ? Hum...&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je l'ai paumée. Merde merde merde, je l'ai paumée. Elle a traversé la rue ? Elle a déjà tourné au coin ? Je vais pas savoir où elle habite. J'aimerais savoir dans quel coin elle habite. Pas pour la harceler, pour savoir où elle habite. Bon, je la vois demain. J'espère. Merde, je l'ai paumée. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Oups, elle est là. Elle s'était arrêtée devant une vitrine. Elle se rapproche par le côté, presque parallèlement à mon mouvement. Elle me jette un coup d'œil. Elle reprend son pas vif et léger. Merde, c'est une nouvelle chance, je dois pas la rater. Oh, le carrefour. Elle va traverser. Faut l'arrêter. Bonhomme rouge. Bonhomme rouge. Bonhomme rouge bonhomme rouge bonhomme rouge. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Bonhomme rouge !!&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je suis à côté d'elle. Je crois que je respire un peu fort, je me suis dépêché. Je la regarde. Elle me regarde. Je regarde ailleurs. Une demi-seconde. Je crois qu'elle me regarde, alors je la regarde. Elle ne me regardais pas, mais là elle me regarde. Je lui souris. Elle me sourit (rapidement). Puis elle regarde ailleurs. Je me dis que vraiment, c'est le moment. Vraiment. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Une demi-seconde. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
&amp;quot;Salut.
— Bonjour.
— Tu es slovaque, n'est-ce pas ?
— Oui ! Tu te souvenais de ça ?
— Ben, mon meilleur ami est slovaque, donc bon, ça m'a rendu curieux. Tu es la deuxième Slovaque que je connais.&amp;quot;&lt;br /&gt;
Une demi-seconde.&lt;br /&gt;
&amp;quot;Euh, &lt;em&gt;le&lt;/em&gt; deuxième Slovaque ?&amp;quot;&lt;br /&gt;
Je commence à réfléchir grammaire, morphologie, syntaxe, tout ça. Ça me calme. &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Merde merde merde, elle repart ! &lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Ah non, c'est juste le bonhomme vert. Ouf, elle est toujours à côté de moi. On a deux minutes pour parler, entre le carrefour et mon appart. Après dix minutes de course-poursuite effrénée, on parle deux minutes. Et puis j'arrive devant chez moi. Ouf !&lt;br /&gt;
&lt;br /&gt;
Je ne sais pas si j'oserai lui reparler demain. Je ne connais toujours pas son nom, d'ailleurs. Mais ce n'est pas bien important. Ce n'était pas vraiment elle, le plus important, en fait. Quand on combat contre soi-même, chaque bataille remportée, c'est un banquet qui s'étend sur toute la nuit, mais aussi, et surtout, l'euphorie vaporeuse qui apaise les aigreurs des défaites à demi oubliées.&lt;/p&gt;</description>
    
    
    
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