La fumée de clope s'engouffrait dans mon pif comme des asticots dans une pomme bretonne pas fraîche.
Pas frais, 'sûr que c'était mon état cette nuit. Deux heures que les autres gonzes essayaient de rafler ma mise, mais ils pouvaient toujours pigner auprès de leur mère pour de l'argent de poche, je leur cracherais rien. J'avais mis suffisamment de grisbi dans l'cochon, et il s'appelait "reviens". Francky "les beaux yeux" avait claqué deux fois la somme, mais il s'était déjà étalé comme un chien devant une meute de loups. Sa rancœur puait à cinquante mètres. Je savais qu'il irait se calmer auprès d'une frangine pour récupérer sa soirée, alors je craignais pas pour mes miches. Sinon, je l'aurais peut-être pas plumé. Dans ces soirées de merde, mieux vaut te coucher que d'exciter les nerveux, si tu veux pas retourner dans ton pieu les pieds devant.
Les deux autres me regardaient d'un air louche. Je sentais que l'alcool leur avait pourri la cervelle, mais j'étais trop fait pour voir que j'étais encore pire. Les cartes dansaient devant mes yeux comme des danseuses sur un bar. Le Roi roulait des pelles au Valet. Ça y est, j'étais plus en état de suivre. Mais je voulais mon fric, pour sûr. Alors j'ai zyeuté rapidement les tas de jetons — j'étais bon dernier — et je me suis lançé dans la castagne. Foxy Johnny s'est couché, il attendait son tour pour nous entuber. Il sait amasser les jetons et les mettre sur la table au bon moment. C'est un bon, Johnny, mais il fallait pas qu'il se couche trop, si il voulait garder son artiche. Big G. a relancé de 150, et m'a sorti qu'il avait une paire. Ce branquignolle ne mentait jamais au poker, à ce qu'y disait. C'est ce qu'on verrait : j'ai dit banco. Il avait des battoirs larges comme des dossiers de chaise, il pouvait tapisser le mur avec ma cervelle ; c'est pour ça que je me marrais comme un bossu en faisant "tapis". J'ai tilté, comme on dit. J'étais complètement noir, surtout.
Il a suivi. Et il a jeté ses cartes : paire de donzelles. Y'avait déjà une dame dans le flop, ça faisait un brelan. Moi, j'avais un tirage. Dans les deux cartes à sortir, il me fallait juste un dix pour faire la suite et lui foutre une peignée. J'étais déjà moins fier. Les vapeurs d'alcool s'étaient dissipées brusquement, et la sueur s'écoulait sur mon front par torrents. Les yeux de Big G. brillaient comme des poignards. Il allait m'avoir, ce con.
Première carte : deux de pique.
Pute.
Et la deuxième, la River qui te fait tressaillir les poils et qui te fait sentir comme un chiard devant sa mater, c'était un dix de trèfle. J'étais repassé devant Big G. Mes tripes en transe ont arrêté de trembloter, et je me suis affalé sur le fauteuil moisi qui cocottait le vieux mégot.
J'étais encore dans la course.
Mais pour combien de temps ?
dimanche 04 mai 2008
La vie est une pute borgne, le poker est son mac
Par L'Incurable le dimanche 04 mai 2008, 14:07
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Ce jour-là l'Incurable a été particulièrement
lundi 14 avril 2008
Service après-vente et méta-blogage
Par L'Incurable le lundi 14 avril 2008, 01:24
Lunatik me prévient qu'il y a un trou dans l'article sur ma charmante coiffeuse (non pas un trou dans ma coiffeuse [j'ai pas assez économisé pour une kalach, mais mon anniv est bientôt]), ici même :
Puis vint le moment du coiffage proprement dit. J'étais installé dans mon beau peignoir devant un beau miroir, à contempler mes malheureux cheveux pour la dernière fois (et à estimer l'ampleur des dégâts, j'avais l'impression d'avoir Cette jeune femme avait le même défaut que tous les coiffeurs : elle était incapable de choisir à ma place.
Attendez, je le refais pour ceux qui ont la flemme de le lire :
Puis vint le moment du coiffage proprement dit. J'étais installé dans mon beau peignoir devant un beau miroir, à contempler mes malheureux cheveux pour la dernière fois (et à estimer l'ampleur des dégâts, j'avais l'impression d'avoir BIG TROU DE SA M2RE Cette jeune femme avait le même défaut que tous les coiffeurs : elle était incapable de choisir à ma place.
Je me suis posé la question : c'était là depuis le début, ce trou ? Alors je me suis dit que c'était la comparaison avec Chuck Norris qui n'avait pas plu à Chuck Norris, et qu'il avait hacké mon serveur avec ses super compétences de kacker pour la supprimer. Mais non, rassurez-vous, la comparaison avec Chuck est plus bas, elle est toujours là (comme quoi, c'est vraiment qu'une couille molle ce Chucky [Aïe, non, pas la tête !]). Et puis j'ai regardé la phrase, et j'ai compris. Je voulais mettre une chouette métaphore à cet endroit (l'impression de ?...), mais je ne l'ai pas trouvée, donc je suis simplement passé à autre chose, dépité. Et j'ai oublié de me relire et donc de rajouter la métaphore inconnue. Ça m'arrive tout le temps quand je suis fatigué.
Ce serait bien si on avait une fonction informatique "insérer une métaphore pertinente et drôle ici".
Chercher une métaphore, c'est comme chercher un exemple pour un devoir de sémantique. Comment expliquer la visée scientifique d'un énoncé ? Fastoche, l'ornithorynque.
Le raisonnement mythique ? Fastoche, Boby Lapointe.
L'ancrage situationnel des déictiques ? Fastoche, le télé-achat.
Le référent encyclopédique ? Fastoche, World of Warcraft.*
Je peux vous étonner, mais j'avoue avoir eu une difficulté bien plus marquée à trouver des métaphores à la con dans mes auto-fictions sur ce blog que des exemples à la con dans mon devoir de sémantique.
Pourquoi ? Tout simplement parce que j'attache plus de sérieux et d'importance à mes écrits personnels qu'à un devoir à la maison. Lecteurs, vous êtes mes chéris-chou, je ne vis que par et pour vous ! (é surtou lach t comz plizzzzzzz lol)
\*Véridique ! Vous pouvez télécharger l'intégrale (7 pages) ici-même si vous vous en sentez le courage. (Enfin c'est quand même un peu chiant et difficile à lire pour un non-initié, avec des concepts scientifiques sous-entendus qui sont souvent absents des théories linguistiques non-médiationnistes, mais je vous laisse seuls juges...)
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lundi 07 avril 2008
Procrastinating iz not a crime
Par L'Incurable le lundi 07 avril 2008, 02:01
Les trois visées, scientifique, mythique, et poétique, qui motivent la parole, aussi différentes soient-elles, ne s'excluent pas entre elles ; elles sont complémentaires et à l'œuvre à différents degrés dans toute parole. Mais elles ont aussi leurs sœurs analogues dans les trois autres plans (dans la Théorie de la Médiation) de l'ergologie, de la sociologie et de l'axiologie, sous différents termes (visées empirique, magique et plastique pour l'ergologie par exemple) qui cachent le même raisonnement dialectique entre le monde perçu et le monde intellectuellement structuré du Signe, de l'Outil, de la Personne et de la Norme.
Voilà la conclusion de la première question de mon devoir à la maison. Après trois pages et demi, police 12, interligne 1,5.
Ça veut donc dire que la deuxième question doit être traitée en au moins deux pages, pour ne pas faire cheap.
Grnx.
Du coup, ça fait une heure que je me plains, et que je me console en écoutant Regina Spektor, en mâchant des chewing-gums à la cerise, en lisant des histoires toute drôles de chats et de filles aux cheveux roses et en ne pas travaillant.
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mercredi 02 avril 2008
Le jour où j'étais pas très bien coiffé et où j'avais une tache sur mon manteau
Par L'Incurable le mercredi 02 avril 2008, 23:30
Elle classe ses feuilles, sort sa pochette, ouvre sa pochette, y met ses feuilles, puis range ses stylos. Lentement. Jamais vu une fille ranger ses stylos si lentement.
La moitié de la classe est déjà partie. Je fais comme si je classais mes feuilles, sortait ma pochette, etc., n'importe quoi, pour paraître occupé. Surtout ne pas donner l'impression que je l'attends. Mais personne ne me regarde ; je me sens stupide.
Elle sort enfin de la classe, je suis juste derrière elle, sur ses traces. Je réfléchis depuis une heure. Dans le couloir ? Non... Dans l'escalier ? Non... Je la suis sans la suivre, je la regarde sans la regarder. On est dehors. Elle ne se retourne à aucun moment. Est-ce qu'elle m'entend derrière elle ?
Elle se dirige vers le métro... Ah, non, elle tourne à gauche. C'est ma direction. Je la suis, enfin non, je vais chez moi. Je vais chez moi. Faut pas rêver.
Elle marche vite, la vache. Je fatigue vite. Et puis j'ai déjà laissé tomber. Ce sera une autre fois. Il reste quelques semaines de cours. Ok, deux semaines. Merde merde merde.
Elle m'a distancé d'une bonne trentaine de mètre. Oups, j'ai regardé ses fesses. Ne pas regarder ses fesses. La la li la la. Je regarde mes chaussures. Tiens, elles sont sacrément sales, j'avais pas fait attention. Est-ce qu'une fille regarde les chaussures d'un mec ? Hum...
Je l'ai paumée. Merde merde merde, je l'ai paumée. Elle a traversé la rue ? Elle a déjà tourné au coin ? Je vais pas savoir où elle habite. J'aimerais savoir dans quel coin elle habite. Pas pour la harceler, pour savoir où elle habite. Bon, je la vois demain. J'espère. Merde, je l'ai paumée.
Oups, elle est là. Elle s'était arrêtée devant une vitrine. Elle se rapproche par le côté, presque parallèlement à mon mouvement. Elle me jette un coup d'œil. Elle reprend son pas vif et léger. Merde, c'est une nouvelle chance, je dois pas la rater. Oh, le carrefour. Elle va traverser. Faut l'arrêter. Bonhomme rouge. Bonhomme rouge. Bonhomme rouge bonhomme rouge bonhomme rouge.
Bonhomme rouge !!
Je suis à côté d'elle. Je crois que je respire un peu fort, je me suis dépêché. Je la regarde. Elle me regarde. Je regarde ailleurs. Une demi-seconde. Je crois qu'elle me regarde, alors je la regarde. Elle ne me regardais pas, mais là elle me regarde. Je lui souris. Elle me sourit (rapidement). Puis elle regarde ailleurs. Je me dis que vraiment, c'est le moment. Vraiment.
Une demi-seconde.
"Salut.
— Bonjour.
— Tu es slovaque, n'est-ce pas ?
— Oui ! Tu te souvenais de ça ?
— Ben, mon meilleur ami est slovaque, donc bon, ça m'a rendu curieux. Tu es la deuxième Slovaque que je connais."
Une demi-seconde.
"Euh, le deuxième Slovaque ?"
Je commence à réfléchir grammaire, morphologie, syntaxe, tout ça. Ça me calme.
Merde merde merde, elle repart !
Ah non, c'est juste le bonhomme vert. Ouf, elle est toujours à côté de moi. On a deux minutes pour parler, entre le carrefour et mon appart. Après dix minutes de course-poursuite effrénée, on parle deux minutes. Et puis j'arrive devant chez moi. Ouf !
Je ne sais pas si j'oserai lui reparler demain. Je ne connais toujours pas son nom, d'ailleurs. Mais ce n'est pas bien important. Ce n'était pas vraiment elle, le plus important, en fait. Quand on combat contre soi-même, chaque bataille remportée, c'est un banquet qui s'étend sur toute la nuit, mais aussi, et surtout, l'euphorie vaporeuse qui apaise les aigreurs des défaites à demi oubliées.
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mardi 25 mars 2008
Le destin, la choucroute [2]
Par L'Incurable le mardi 25 mars 2008, 02:14
{Après cet intermède récréatif et bon enfant, retournons à mes tifs, et je vous conseille de lire l'article précédent pour mieux apprécier l'humiliation publique qui va suivre}
Tout fringant dans mon beau peignoir, le derrière fermement engoncé dans le moelleux fauteuil de l'espace shampooing, je commençais à somnoler, le sourire béat et l'œil éteint. J'étais là où on m'avait dit d'aller, j'avais fait comme on m'avait dit, maintenant j'attendais que ça se passe, quoi que "ça" fût. Je n'avais plus rien à faire, maintenant j'étais l'objet passif du bon-vouloir de la dame à la choucroute cuivrée avec des racines blondes et des mèches noires ; et cela me convenait fort bien ma foi. Hélas ! je sentais déjà ma position inconfortable, en constatant que j'étais face à la vitrine. du commerce, donc face à la rue. Et il était tard, donc il faisait sombre dehors, et éclairé dedans. Donc les gens passaient devant moi. Souvent ils tournaient la tête négligemment dans la direction de la vitrine. Non, dans MA direction. Et ils ME voyaient. Ne dites pas que c'est pas vrai parce que c'est vrai. Ne dites pas que je suis paranoïaque, vous aussi vous auriez été paranoïaque si tout le monde s'était mis à vous regarder. Voilà, je me sentais déjà mal. J'étais en peignoir, dans l'espace shampooing de Coiff&co, l'air con comme un gros barbapapa évaché, et la ville me regardait. La plus grande honte de ma vie depuis ce fameux jour à l'école primaire (tout le monde a un "fameux jour à l'école primaire", je laisse au lecteur le soin de donner à cette expression le douloureux contenu que ses souvenirs rappelleront à sa mémoire, hihi).
La question qui me vint à l'esprit fut alors : avais-je l'air plus con tout seul dans mon peignoir, ou accompagné de trois pèlerins à l'air aussi hagard et à qui le peignoir allait tout aussi dramatiquement peu ? Je ne cherchai même pas la réponse, puisque les trois pèlerins étaient là, à côté de moi, l'air hagard, que ça me plaise ou non, malgré mes multiples protestations (j'ai tenté en dernier recours "Mais c'est un scandaaaaaale, Monsieur Barre", mais je crois que la corporation des coiffeuses à choucroute n'encourage pas la culture politique de ses membres). Mon pessimisme naturelle conclut finalement qu'on était à nous quatre une bien belle brochette de crétins à peignoir, et je m'enfonçai encore plus profondément dans les souffrances intolérables de mon agonie sociale, et dans le moelleux fauteuil de l'espace shampooing.
Il est une habitude dont je ne peux me défaire, qui se manifeste systématiquement quand je suis dans une file d'attente à la Poste, à la gare, ou au coiffeur — ah, oui, je tiens à préciser que je ne fais pas partie de la France qui va chez le coiffeur, tout comme je ne fais pas partie de la France qui se lève tôt (c'est mon côté jeune et subversif, vous comprenez). Cette habitude (cet habitus, dirait le sociologue Pierre Bourdieu pour montrer que c'est un scientifique et qu'il peut utiliser des mots compliqués pour dire des trucs qu'on a déjà des mots pour les dire) est sans doute assez banale : j'ausculte attentivement les différents employés auxquels je risque d'avoir affaire dans l'heure, qui a l'air sympa, qui a l'air chiant, qui a l'air très chiant. Une habitude banale, mais un peu maladive chez moi, puisque la curiosité devient rapidement un stress, voire une angoisse quand on est en face d'une espèce de grosse choucroute cuivrée à racines blondes et à mèches cuivrées et aux ONGLES LONGS. Inutile de préciser qui m'a fait mon shampooing, vous l'avez deviné.
Savez-vous que le cuir chevelu est une zone particulièrement vascularisée et innervée de notre peau ? Je l'ai appris ce jour-là. Avec ses ongles. J'en frissonne encore. C'était, comment dire... j'avais l'impression qu'elle était le râteau, et moi le plant de radis resté en jachère depuis trois mois, un jour de gel. Ou plutôt, étant donnés la vigueur et l'enthousiasme sadique évident de ses gestes, je dirais que c'était Bree (de Desperate Housewives) tentant de récurer un four avec le côté vert d'une éponge. Et sans décap'four. J'ai douillé, les amis, j'ai douillé.
Puis vint le moment du coiffage proprement dit. J'étais installé dans mon beau peignoir devant un beau miroir, à contempler mes malheureux cheveux pour la dernière fois (et à estimer l'ampleur des dégâts, j'avais l'impression d'avoir Cette jeune femme avait le même défaut que tous les coiffeurs : elle était incapable de choisir à ma place.
Elle : Alors vous voulez quoi ?
Moi : Euh... plus court.
Elle : Oui, d'accord, mais comment ?
Moi : Ben, des cheveux courts.
Elle : Courts courts ?
Moi : Ah non !
Elle : ...
Moi : ...
Elle : Vous allez me montrer à partir des modèles. *tend un bouquin avec plein de photos*
Moi : Alors... ben quelque chose comme ça. *montre une photo*
Elle : Ah d'accord. Courts comme ça.
Moi : Oui, comme ça mais qui tend un peu vers ça. *montre une autre photo*
Elle : Mais c'est pas du tout pareil.
Moi : ...
Elle : ...
Moi : Bon alors mettons pour la première photo.
Elle : Je vous passe à la tondeuse ?
Moi, ignorant totalement les conséquences de mes paroles et croyant naïvement que je pouvais faire confiance à cette jeune femme dont je n'osais remettre en cause la compétence : Pourquoi pas.
La tondeuse. Mon dieu. Quand elle commença à passer la chose sur mon pauvre crâne, je compris en un instant que j'avais foiré ma journée. Mes cheveux, mes pauvres cheveux. Tous décimés, un à un, par la machine infernale.
Après avoir fait le tour de la tête, il restait des cheveux longs sur le dessus. Ça s'appelle l'effet palmier. C'est très seyant. J'ai hésité à partir à ce moment-là, ça m'aurait fait un style. On m'aurait appelé palm-man. Mais non, Dalila termina son office, et je me retrouvai avec une coiffure style Chuck Norris chez les Marines.
L'histoire aurait été suffisamment pitoyable arrivé à ce point, n'eût-ce été ce qui va suivre... les réactions des gens.
Bon, je vais les classer dans l'ordre inverse d'émulation :
- Carole a été tout à fait infâme. L'humiliation s'est déroulée sur msn, après avoir mis ma webcam :
C. : ...
Moi : pourquoi "..." ?
C. : pour la coupe de cheveux.
Moi : T'aimes pas ? :(
C. : Je dois avouer que je ne suis pas transcendée.
Moi : ça repoussera !
C. : Mais oui.
C. : et puis bon, je n'ai pas le goût universel.
Moi : Arf.
C. : et j'ai pas dit que c'était affreux.
Moi : Arfffffffff
- Mon papa n'a pas aimé du tout. D'abord il m'a pas reconnu à la gare quand je suis rentré à la maison, ce qui est vexant en soi. Ensuite il a pigné pendant tout le trajet (des genres de "gniii" horripilants). Enfin, il a été très vilain au repas. Il me jetait des regards mauvais, et a coupé la conversation à plusieurs reprises pour simplement lancer un grand "Non, j'aime pas.". Je crois qu'il ne supporte pas que j'ai la même coiffure que mon papy gendarme.
- Capucine a dit simplement que "plus court, ça aurait été affreux". C'est peut-être un compliment, chez les Bretons. (mais c'était sincère et pertinent)
- A. et L. ont été hypocrites, enfin je suis sûr qu'elles ont été hypocrites, parce qu'elles ont du goût donc elles auraient dû ne pas aimer, et donc me charrier, même si ça m'aurait vexé. Elles disent qu'elles aiment mais moi je sais que c'est pas vrai. C'est incroyable comme la plus infrangible des amitiés peut vaciller avec cette simple phrase "c'est sincère, j'aime bien". :'(
- Ma maman a fait des "oooh" et des "aaaah", ce qui veut dire qu'elle aime bien et qu'elle me trouve le plus beau des petits garçons du monde entier. Mais je crois qu'elle aurait dit ça aussi pour une crête de keupon donc son avis est un peu inclassable... (en fait ce qu'il y a de fabuleux avec mes parents, c'est qu'ils alimentent la relation œdipienne bien mieux que je ne le ferais si je le voulais)
- Mon cousin-colocataire homosexuel a eu un mouvement de surprise en me voyant débarquer dans la cuisine, puis il m'a dit que ça m'allait très bien. Il m'avait déjà dit ça spontanément pour mon bô manteau, je suis content.
- Le lendemain, alors que je passais devant la chambre de mon cousin-colocataire, un de ses amis (homosexuel aussi) m'a attrapé comme un lapin en plein vol pour me dire que ma nouvelle coiffure m'allait très bien. Waw. Genre je le connais à peine, et il me complimente sur ma coiffure. C'était un peu flippant.
- Ma grand-mère m'a trouvé superbe. Très élégant, très masculin. Là j'ai vraiment pris peur. (au passage, elle m'a dit qu'elle trouvait que j'avais maigri, ce qui est faux, comme à chaque fois qu'elle me dit que j'ai maigri ou que j'ai grossi, mamie je pèse toujours le même poids)
Tout ça pour dire que ma coiffure a été appréciée principalement, si ce n'est uniquement, par deux homosexuels et une grand-mère. Je vous laisse imaginer l'abîme réflexif dans lequel cette conclusion m'a amené...
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